La lettre de l’association Ardhi

Sfax le 30 avril 2015

A l’attention de monsieur le ministre de l’éducation

Monsieur le ministre,

Nous nous permettons de vous écrire à nouveau suite à votre mail au sujet de la consultation nationale sur la réforme du système éducatif  afin d’éclaircir certains points qui nous paraissent cruciaux d’abord sur notre participation à la démarche participative de consultation nationale mais aussi sur le processus de consultation.‏

Au sujet de notre non-participation, motivée par le nombre trop important d’associations déjà inscrites, un millier selon vos dires. En effet, de par notre expérience dans le secteur associatif tunisien dans le domaine de l’éducation, notamment dans les régions de l’intérieur et les milieux ruraux, nous avons pu rencontrer de nombreuses associations agissant dans ce domaine.‏

Toutefois, d’après nous, si beaucoup d’entre elles agissent sur des actions ponctuelles dans la vie des écoles, très peu agissent pour l’éducation à un niveau stratégique, c’est-à-dire, associant à un diagnostic global des causes de l’échec scolaire, des réponses alternatives prêtes à être mises en œuvre.

 

Notre association « Ardhi solidarité rurale Tunisie », orientée vers le développement rural et l’éducation est en train de mener un projet-pilote sur une réponse globale à l’échec scolaire en milieu rural. Le champ d’action choisi va de la construction d’une nouvelle forme de structure intégrée à l’accompagnement de l’équipe scolaire sur le plan pédagogique et organisationnel.‏

Composée de citoyens et experts tunisiens du monde entier (Tunisie, Canada, France…), nous avons par ailleurs réalisé des études approfondies portant un diagnostic sur le préscolaire, l’école primaire et le collège ainsi que des questionnaires dans les alentours de l’école en question sur les conditions de vie des élèves… (voir liste des publications ci-dessous).

Si nous vous exposons ces faits, ce n’est nullement pour dire que nous méritons plus que d’autres associations de participer à cette consultation, car il n’y a pas à notre sens pas de concurrence entre personnes de bonne volonté.‏

‎Toutefois, après avoir sollicité les autorités régionales ainsi que votre ministère depuis 2014 pour un partenariat sur notre démarche ambitieuse et renouvelée de l’éducation (voir le récapitulatif en fin de mail), nous avons été très désagréablement surpris d’apprendre par un fonctionnaire du ministère que notre demande n’a pas été reçue, alors même que nous avions au préalable les accusés de réception de nos envois.‏

‎Cette réaction ainsi que le manque d’informations sur le mode de fonctionnement de cette consultation est source d’une grande inquiétude pour nous, qui nous amène à vous interroger sur les conditions d’expression d’un vrai débat participatif et démocratique sur une question aussi cruciale.‏

 

‎ Sur quel critère un si grand nombre d’associations  ont-elles  étés choisies ? A notre sens, le premier devrait être au niveau de chaque celui de la légitimité, c’est-à-dire de l’action de chaque association par rapport à la pertinence de la consultation, qui interpelle surtout sur le modèle éducatif. Quant au second, nous pensons que le panel devrait respecter une certaine représentativité en rapport avec les thèmes importants à étudier.‏

C’est parce que nous estimons remplir ces deux conditions que nous souhaitons d’une part participer au débat régional et d’autre part qu’il est important, en tant que citoyens de veiller à ce qu’une démarche d’une telle importance et ampleur, se réalise en toute transparence.‏

‎ Nous vous confirmons donc par ce mail notre volonté de candidater pour participer au débat régional que vous nous évoquez dans votre réponse. Nous souhaiterions d’autre part connaître les informations relatives à la feuille de route de cette consultation.

D’avance, nous vous remercions pour votre compréhension et votre réactivité.

Bureau exécutif de  Ardhi –Solidarité Rurale Tunisie

Imen Jarboui Abdessalem Chaieb Belgacem Jarboui Tourkia Haj Amor

Mourad Djemal Makram Hamouda